Publié le 10 avril 2012 par groupe socialiste

Épisode 3 d’une série de 4 billets à travers laquelle Otman El HARTI, Conseiller régional, revient sur la mission d’évaluation du Conseil régional Rhône-Alpes concernant sa convention de coopération avec le Burkina Faso (voir épisode 1 et 2 ) :

Avant un voyage, nous nous renseignons toujours sur notre destination pour éviter les maladresses dues à l’ignorance. Cela m’a invité à prendre quelques repères sur les indicateurs économiques du Burkina Faso. J’ai donc appris, par mes lectures, que ce pays était classé au 161ème rang sur 169 au classement de l’indice de développement humain. Le pays est exposé à de multiples facteurs handicapants tels que son enclavement, la rudesse de son climat, la faiblesse d’accès de la population à l’eau potable ou aux soins primaires et à l’éducation. De manière générale, l’économie burkinabè est très sensible aux aléas climatiques et aux variations macroéconomiques pouvant déstabiliser les cours du coton et de l’or pour les exportations ou le prix du pétrole et les produits alimentaires pour les importations.

L’économie repose essentiellement sur le milieu rural et l’agriculture. Le secteur primaire représente près de 30% du Produit Intérieur Brut (PIB). L’activité agricole se concentre sur quelques produits tels que le coton, l’élevage (volailles, ovins, bovins) et les céréales (mil, sorgho, maïs). Bien que certains soulignent la faiblesse des ressources naturelles, force est de constater que de nouvelles activités économiques apparaissent avec des produits locaux comme le karité, l’anacarde (noix de cajou), la mangue ou le fonio (céréale) ou le développement de la production minière autour de l’or.

Les exemples que nous avons pu observer lors de la mission montrent que le Burkina fait face à deux défis.

Le premier relève de la structuration de ces filières économiques en consolidant, notamment, la production et en amorçant ces activités de transformation de matières premières encore trop peu nombreuses. Que ces activités soient industrielles ou artisanales, elles participent de la création de richesses et de l’amélioration des conditions de vie même si nous sommes très loin d’imaginer les conditions encore très précaires des Burkinabè, notamment pour les femmes. Je me souviendrai longtemps des propos de la Présidente de la structure d’insertion par l’activité économique « Yanta » alors que nous venions de visiter l’atelier de transformation d’anacarde et vu de nos propres yeux les conditions d’extrême précarité dans lesquelles elles travaillaient. Ces mots furent les suivants : « Quand vous n’aviez que l’incertitude de la forêt pour vivre et nourrir vos enfants, dans ces ateliers, nous avons amélioré notre quotidien. »

Le deuxième souligne l’importance cruciale de formation et de qualification même pour les activités les plus traditionnelles. Elle pose aussi la question des modèles de production, entre agriculture familiale, tentation d’intensification pour augmenter les volumes et modèles intermédiaires, la maîtrise des différentes techniques et approches dépend étroitement du niveau de qualification. C’est de cette maîtrise que naîtra un développement et une croissance fidèle à l’esprit du pays mêlant amélioration de la qualité de vie et respect de la nature.

Lire aussi :
#1 Le Burkina Faso : Mission d’évaluation au cœur de l’Afrique de l’Ouest
#2 Le Burkina Faso : Un modèle de décentralisation à inventer

#4 Burkina Faso – La Coopération internationale : Janus aux deux visages


Catégorie : Débat d'actu

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