Conseiller régional et Président du comité de ligne Grenoble-Chambéry, Guillaume LISSY répond aujourd’hui à trois questions sur les comités et leur fonctionnement.
Comment concevez-vous le rôle des comités de ligne ?
Les comités de ligne nouvelle formule ont pour ambition de jouer un rôle d’interlocuteur, de facilitateur entre les différents acteurs, d’être un lieu d’expression mais aussi d’accompagnement à la décision.
Il n’est pas toujours aisé de faire la part des choses entre le Conseil régional, autorité organisatrice des transports chargée de décider du contenu du service public et de son financement, la SNCF, qui est l’exploitant de ce service, et RFF (Réseau Ferré de France), qui reste propriétaire et gestionnaire des infrastructures… Difficile, en effet, pour les usagers de démêler ce nœud ferroviaire, d’obtenir les bonnes informations et de faire remonter leurs attentes, remarques et, parfois, coups de colère.
Concrètement, comment fonctionnent-ils?
Les travaux d’électrification du Sillon alpin sud sont un bon exemple. Pour mémoire, ce chantier de 540 millions d’euros doit permettre, à terme, d’améliorer très sensiblement le réseau ferroviaire entre Chambéry, Grenoble et Valence. Il doit permettre d’augmenter les fréquences, de réaménager les gares et d’envisager, demain, un axe ferroviaire fort entre Genève et Marseille-Montpellier. Cette « petite » révolution, attendue depuis de nombreuses années, ne va toutefois pas sans son lot de travaux et sans son cortège de conséquences pour des usagers contraints de quitter le rail et leurs habitudes pour tracer la route et prendre le bus pendant près de trois mois.
La gestion de cette substitution routière s’appuie sur des considérations techniques et matérielles, sur le respect des fréquences, des temps de parcours et des lieux d’arrêt, mais elle doit aussi se construire dans l’écoute des usagers et sur la volonté de répondre à leurs attentes. Sur le comité de ligne Grenoble-Chambéry, que j’ai l’honneur de présider, nous avons travaillé dans cet état d’esprit en favorisant un échange permanent avec les voyageurs, leurs associations, les collectivités locales et la SNCF pour élaborer la proposition de substitution routière qui s’applique depuis le 29 mai et jusqu’au 4 septembre.
Cela marche-t-il ?
Si toutes les attentes n’ont pu être satisfaites, si certains usagers seront contraints, malgré notre volonté et les efforts demandés à la SNCF, d’abandonner les transports collectifs et de prendre leurs véhicules personnels pendant les travaux, nous aurons, au moins, contribué à proposer une offre temporaire adaptée, je le crois, aux enjeux et à une grande partie des demandes exprimées : 160 voyages par jours, 11 sites desservis et une large amplitude horaire. Un bilan d’étape sera tiré prochainement.
La majorité régionale, autour de Bernadette LACLAIS, Vice-Présidente déléguée aux transports, a souhaité en début de mandat renforcer le rôle des comités de ligne et améliorer le cadre participatif. Il s’agit d’un travail indispensable que nous devons aux usagers. C’est là notre conception du service public qui pour être « efficace » doit aussi savoir communiquer, écouter, entendre et s’adapter, dans la mesure du possible, à ceux qu’il sert pour…. ne pas les mener en bateau.
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