Emmanuel Vigneron est professeur d’aménagement sanitaire à l’université de Montpellier. Dans son dernier livre « Les inégalités de santé dans les territoires français », il dresse le constat accablant de l’accroissement des inégalités territoriales de santé et explique en quoi la santé constitue un enjeu de lutte contre l’extrême droite.
Vous parlez de la santé comme un moyen de lutte contre l’extrême droite, en quoi cela consiste-t-il ?
La santé c’est l’occasion d’exprimer la fraternité, de prendre en charge l’autre au moment où il en a le plus besoin. La compassion, signifie « souffrir avec ». Dans ce cadre, le soignant prend en charge la maladie de l’autre. Et il redonne confiance.
Suite à la publication de notre série d’articles sur les racines communes entre l’UMP et l’extrême-droite (Occident, La filière nationalo-gaulliste, Un parti, un homme : la rencontre), nous recevons aujourd’hui Jean-Yves CAMUS , chercheur associé à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), spécialiste des extrémismes et auteur de différents ouvrages sur le Front National et l’extrême droite.
Dans le contexte actuel, la lecture de nos articles appelle aujourd’hui différentes questions. Comment analyser les glissements à droite toute de l’UMP ? Le Front National a-t-il vraiment changé ? Des alliances UMP-FN sont-elles possibles pour les élections à venir ? Qui sont aujourd’hui les électeurs frontistes ? Jean-Yves CAMUS, a accepté d’y répondre.
Ecouter l’interview (16 min) :
Après l’épisode 1- Occident, l’épisode 2 – la filière nationalo-gaulliste, aujourd’hui, troisième et dernier épisode de notre série sur les racines communes entre UMP et FN.
Ces deux parcours, où les hommes ont pu se croiser, reposent sur des histoires intellectuelles différentes : anticommunisme menant à l’ultra-libéralisme d’une part, nationalisme et attachement à un État régalien fort d’autre part. Ces deux mouvements et les hommes qui les portent vont toutefois se croiser, et même se rejoindre, pour former ce qui n’est pas un mouvement « néoconservateur » à l’américaine (type George W. Bush) mais un ensemble plus proche de la révolution conservatrice portée par Reagan et Thatcher au début des années 80, associant un ultralibéralisme de principe à une position de repli quasi-identitaire sur le pays.
Lors d’un précédent billet, nous avons ouvert la réflexion sur les racines communes de l’UMP et du FN. Après l’histoire d’Occident, deuxième épisode : la filière nationalo-gaulliste.
Alors que la famille qui est allée d’Occident au Parti Républicain est marquée par un ultralibéralisme dérivé de l’anticommunisme, cette filière s’inscrit dans un gaullisme nationaliste, adepte d’un État fort sur ses pouvoirs régaliens, fibre qui constitue l’autre facette de l’extrême-droite française, à côté de l’ultralibéralisme : l’indépendance de la France et la question identitaire.
Depuis les élections cantonales de mars dernier, de nombreux analystes notent que « les digues ont sauté » entre l’UMP et le FN. Au-delà des allers-retours des électeurs, les appels du pied de la droite vers l’extrême-droite que notent les journalistes témoignent d’une modification qui pourrait être profonde du paysage politique français. Un bref recul historique peut permettre de cerner, dans le passé, les prémices de cette évolution, ou, à tout le moins, de distinguer certains faits, certains positionnements constitutifs de racines communes entre l’UMP et le FN, racines qui facilitent l’évolution constatée aujourd’hui. Il ne s’agit pas de dire ici que l’UMP et le FN sont identiques, mais, par le recul historique, de montrer que l’évolution actuelle qu’il convient de dénoncer peut trouver des points d’appui dans l’histoire politique française. Episode 1 : Occident
La séance plénière de ce mois d’avril a été marquée par un événement symbolique, survenu en début de séance . J’ai pris la parole au nom des groupes de la majorité pour dire notre indignation de voir siéger à nos côtés, Alexandre Gabriac, élu du Front national, qui est au centre d’une polémique déclenchée par la publication de clichés controversés. En effet, depuis près de trois semaines, circule dans la presse et sur Internet une photographie de deux personnes faisant le salut hitlérien devant un drapeau frappé de la croix gammée. De nombreux organes de presse, qui ont diffusé cette photographie, ont également déclaré que l’une de ces deux personnes serait Alexandre Gabriac.
Il était important, dans notre Région, terre de résistance, de condamner le fait qu’un élu de la République ait pu avoir de tels agissements.
Cette intervention symbolique a d’autant plus de valeur que cette révélation médiatique s’inscrit dans un contexte propice au développement d’idées nauséabondes.
Prononcée par Sarah PEILLON, benjamine de la majorité, au nom des groupes Socialiste, Europe Ecologie Les Verts, Front de gauche et Radical de Gauche
Monsieur le Président, en vertu de l’article 1-5 du Règlement intérieur, je vous demande, en mon nom et en celui de 32 autres élus dont je tiens la liste à votre disposition, représentant plus d’un sixième des membres de cette assemblée, une suspension de séance. En tant que benjamine de la majorité régionale, et au nom des groupes Socialiste, Europe Ecologie les Verts, Front de Gauche et Radical de Gauche, permettez-moi d’expliquer en quelques mots les raisons de cette suspension.
Depuis quelques temps circulent dans la presse et sur Internet plusieurs photos de Monsieur Alexandre GABRIAC, conseiller régional membre du groupe Front National, faisant le salut hitlérien et, pour l’une d’entre elles, devant un drapeau frappé de la croix gammée. Rappelons aussi que Monsieur GABRIAC a déjà été condamné en 2009 pour « injures à caractère raciste et violences volontaires».
Vendredi 25 mars dernier la presse nationale publiait une photographie de deux personnes faisant le salut hitlérien devant un drapeau frappé de la croix gammée. De nombreux organes de presse, qui ont diffusé cette photographie, ont également déclaré que l’une de ces deux personnes serait Alexandre GABRIAC, conseiller régional Rhône-Alpes et membre du groupe Front National au sein de cette même assemblée. Candidat au second tour de l’élection cantonale sur le canton de Grenoble-6, Alexandre GABRIAC, a été suspendu du Front National, a annoncé le secrétaire général du Front National Steeve Briois.
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