Publié le 13 janvier 2012 par groupe socialiste

A la fin de l’année dernière, une enquête IPSOS publiée à l’occasion du colloque « Vivre ensemble, entre confiance et défiance » organisée par le Conseil Economique Social et Environnemental a fait entre autres apparaître que plus les Français s’éloignent de leur cercle familial moins ils se sentent à l’aise. Par exemple, si 82% des personnes interrogées jugent positivement les relations familiales, près d’une sur deux jugent que les relations entre les communautés religieuses, au sein de l’entreprise et entre les personnes d’origine ethnique différentes se sont dégradées.Le sentiment d’inquiétude, de mal-être grandit, cause ou conséquence d’une fraternité et d’un vivre ensemble qui se dégradent.

L’analyse du philosophe Roger POL DROIT apporte un éclairage sur cette question qui est au cœur de nos réflexions d’élus socialistes. Le monde dans lequel nous vivons est celui de l’individualisme triomphant, le vivre ensemble doit donc être réinterrogé. En effet, l’émancipation individuelle dont on peut se féliciter par ailleurs conduit aussi à un effritement des relations entre les individus dans notre société. Trop souvent désormais, le vivre ensemble est devenu un problème.

Cela est amplifié par la mondialisation conduisant ainsi à un monde ouvert à tous les échanges et toutes les cohabitations. La question des différences et celle du vivre ensemble ne peut pas être éludée plus longtemps. Comme l’évoque Roger POL DROIT, pour tenter d’y apporter une réponse, il faut éviter deux écueils qui loin d’apporter des solutions ne feraient qu’aggraver le problème : les crispations identitaires et l’angélisme. Pour lui, loin de n’être qu’un débat d’intellectuels, le vivre ensemble fait partie du quotidien de nos concitoyens à travers la question du handicap, la place des religions dans notre société, le système scolaire, le logement… Réussir à faire triompher le vivre ensemble face à la montée du chacun pour soi et de l’indifférence est aujourd’hui au cœur des enjeux du développement de nos sociétés.

Comme a pu le dire l’ancien médiateur de la République, actuel président du Conseil Economique Social et Environnemental, Jean-Paul DELEVOYE : « Après l’échec du tout-collectif et celui du tout-marché, l’idée de la régulation publique de la société est en train de s’imposer de nouveau ». Pour nous élus socialistes régionaux, c’est évidemment une nécessité impérieuse. Nous devons inventer un monde ouvert sur les autres, dans lequel la singularité de chacun, sa vulnérabilité aussi, soient considérées comme une source de richesse pour tous et non comme une justification ou comme prétexte à la discrimination, l’abandon ou l’exclusion. C’est ce que nous essayons de faire dans nos politiques comme en témoigne notre engagement dans la politique de la Ville, dans la lutte contre les discriminations, ou encore pour l’égalité femme-homme. Fil rouge de notre action au service de nos concitoyens, le vivre ensemble reste véritablement le chantier de demain.

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2 commentaires sur “Vivre ensemble : beau programme en ce début d’année”

  1. Par Dioni
    Le 16 mars 2012 à 14 h 58 min

    L’emprise du religieux ( de toute obédience !) grandit dans notre société au détriment de la laïcité. La question des intégrismes de tout bord est devant nous avec l’avancée inquiétante du communautarisme dans les esprits et pas seulement à droite ou au FN ; A l’ opposé de ces évolutions sociales dangereuses, le « vivre ensemble » à l’école, au collège, au lycée, à l’université puis au travail progresse aussi notamment chez les plus jeunes générations
    Comme cela a été constaté dans les précédents vagues d’immigration, L’intégration des populations d’origine étrangère passe aussi par l’espace privé et en premier lieu par la formation des « couples mixtes ». Les mélanges (mœurs,cultures, modes de vie etc..) se font alors au sein de ces familles qui se trouvent ainsi placé devant la nécessité d’inventer cette « mixité » pourtant si recherchée par les politiques ; Or, c’est bien là aussi que se joue la laïcité au quotidien et cette question n’es t pas facile. Cela est par exemple particulièrement vrai lorsque la jeune femme d’origine française et sans éducation religieuse partage sa vie avec un compagnon (français ou non) musulman sur lequel l’emprise du religieux s’accentue comme c’est souvent le cas en ce moment. Or ce jeune couple n’a aujourd’hui comme repères que ceux prêchés par l’imam de la mosquée fréquentée par le garçon ; Et quelles visons, connaissances, a cet iman de la société française, de l’histoire des femmes en France et de la laïcité selon notre tradition républicaine ? En dehors de ce pont de vue, forcément traditionnel et « décalé » quelles ouvertures quels débats possibles pour ce jeune couple ?
    Devant cet emprise du religieux, les questions qui se posent concrètement en famille n’est pas simplement le choix de servir ou non exclusivement de la nourriture halal aux repas de famille mais aussi de devoir admette le choix de prénoms exclusivement arabes pour les enfants afin de se plier au diktat religieux. Plus globalement, au sein de ces familles et de ces jeunes couples ce qui est difficile c’est le tiraillement entre le désir de réussir une vie de couple de maintenir les liens familiaux, de continuer à être en phase avec sa culture et éviter le communautarisme . Cette « mixité culturelle » au sein de la sphère familiale dominée par les liens affectif c’est arriver à trouver le juste équilibre, le ton juste pour affirmer sa culture sans aller jusqu’à la rupture et le conflit ce qui serait pire que tout. C’est autrement plus impliquants que les grands (la viande halal ,) débats d’idées qui agitent la société, les politiques et qui sont eux purement intellectuels ! comment trouver des repères pour ne pas couper les liens sans toutefois se plier à des diktats religieux rétrogrades et inadaptés à note société moderne et laïque ? Et ces familles sont souvent bien seules, pour réussir au quotidien ce délicat équilibre afin d’éviter un communautarisme plus ou moins rampant ? Que fait aujourd’hui la société, les gouvernants pour aider ces jeunes femmes et ces familles vivant au premier rang cet enjeu social fort ? Si les jeunes filles de banlieux d’origine maghrébine on trouvé dans les associations telles que « ni putes ni soumises » un moyen de renforcer leur émancipation et de se rassembler pour cela, qu’en est-il des jeunes françaises de tous milieux sociaux isolées dans leur dilemme : se soumettre ou quitter leur compagnon ?
    Le PS doit s’emparer d’urgence de cette question sociale : aider à affirmer la laïcité, le juste équilibre religieux et culturel dans la sphère familale privée. Elle concerne autant à la façon de vivre le quotidien qu’à des questions importantes comme la place de la femme ou l’éducation d es enfants dans le respect des doubles cultures
    Pour cela je formule des propositions concrètes à mettre en œuvre à tous les niveaux :
    - Au plan national, de lancer des études sociologiques, des réflexions sur l’accompagnement « laïc » et républicain de couples mixtes de façon à mettre en avant à partir des approches théoriques, des repères utiles à ceux qui feront cet accompagnement auprès de intéressés
    - La formation puis la constitution d’équipes de travailleurs sociaux, conseillers familiaux et conjugaux spécialisés dans cet accompagnement des couple mixtes dans un maximum de villes en France (et bien sur pas encore une fois dans les seuls « quartiers défavorisés ») . ces équipes prendraient en charge l’accompagnement des couples mixtes (un peu selon le modèle des médiateurs familiaux)
    - La création et l’animation de lieux de rencontres, pour permettre des groupes de paroles pour les familles concernées…
    Cette proposition rentre bien dans la logique de ce qu’est aujourd’hui le rôle de la puissance publique. L’immigration a toujours été un « fait social ». Il n’y a donc pas de raison que la difficile question de l’intégration des populations étrangères via les couples mixtes, soit portée tant bien que mal par des familles livrées à elle-mêmes ou à la spontanéité des comportements individuels parfois passionnels ou soumis aux religieux

    • Par groupe socialiste
      Le 19 mars 2012 à 14 h 59 min

      Bonjour,

      Merci d’abord pour votre lecture attentive de notre blog, et vos propositions. Elles viennent élargir le débat et replacent la laïcité dans l’espace « sphère privée / sphère publique ». Comme vous le notez, le religieux est présent dans notre société, et même particulièrement médiatisé sous certains aspects. Pourtant, l’immense majorité de nos concitoyens vivent leur croyance ou non-croyance dans la sérénité, à l’image du découplage bonheur privé-malheur public qu’analyse J. Viard. Dès lors, la « spécialisation » de certains travailleurs sociaux sur des thématiques dites « culturelles », pour ne pas dire « cultuelles », comme vous le proposez, risque de nous faire entrer dans une logique communautariste. Ne vaudrait-il pas mieux les sensibiliser à ces questions ? Ils le sont d’ailleurs souvent déjà.
      Le problème est aussi dans la place que laisse notre société aux jeunes et tout particulièrement aux populations issues de l’immigration. C’est la question sociale et la politique de l’emploi qui sont alors en jeu. Sans occulter la problématique que vous soulevez, ces questions viennent compléter, et sont même parfois un préalable à une intégration et une vie sereine, respectueuse de la liberté individuelle et de la laïcité qui régissent notre société.

      Cordialement

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