Publié le 21 octobre 2010 par groupe socialiste

Les groupes politiques ont la possibilité de présenter des vœux en Assemblée Plénière ; ce sont des textes permettant d’exprimer leurs positions sur des sujets régionaux ou nationaux. Demain matin, je présenterai un vœu exigeant de l’Etat l’annulation de deux arrêtés ministériels permettant aux sociétés Total et Devon énergie d’une part et Schuepbach et GDF Suez, d’autre part, de débuter des recherches de gaz de schiste dans la Drôme et l’Ardèche. Je ne reviendrai pas sur la technique d’exploitation, mais elle est à la fois inutile énergétiquement, coûteuse économiquement et dangereuse pour l’environnement mais aussi pour la santé publique.   

Inutile énergétiquement, parce que dans l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique, nous devons diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, pas les développer !! Et pour sortir de la crise énergétique qui s’amorce, la seule solution viable est la sobriété énergétique et le développement des énergies renouvelables.

C’est coûteux économiquement, et c’est d’ailleurs le prix du gaz et du pétrole qui rend cette exploitation rentable pour les groupes industriels gaziers et pétroliers.

C’est enfin, et avant tout, dangereux pour l’environnement et la santé publique, parce que la technique employée est à la fois extrêmement consommatrice d’eau, dans des régions où nous savons tous que la ressource est rare, et qu’elle est singulièrement polluante ! L’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis, depuis bientôt 5 ans, porte à notre connaissance des enseignements : elle a d’ores et déjà généré des pollutions aux métaux lourds dans les nappes phréatiques  C’est d’ailleurs pourquoi la ville de New York a pris un moratoire pour interdire cette exploitation sur son territoire, tout comme le gouvernement du Québec.

Au moment où je présenterai ce vœu, ce sera tout le groupe socialiste qui portera cette question devant l’Assemblée et bien au-delà, parce que c’est un enjeu important, qu’il nous faut aujourd’hui mettre en lumière. Le porter sur la scène publique permettra d’éviter que les groupes industriels ne fassent leur travail dans l’ombre, protégés par un gouvernement qui a vite oublié ses promesses électorales et ses engagements du Grenelle. « L’environnement, ça commence à bien faire » disait il y a quelques semaines Nicolas Sarkozy, faisant enfin tomber le masque du candidat qui avait signé le pacte écologique de Nicolas Hulot… Militante écologiste de longue date, élue socialiste depuis plusieurs années, je combattrai toujours le « polluer plus pour gagner plus » pour protéger mes concitoyens de grands risques sanitaires et environnementaux à court, moyen ou long terme…

Michèle EYBALIN
Présidente de la commission environnement et santé

2 commentaires sur “Gaz de schiste : inutile, coûteux et dangereux!”

  1. Par FELIX /chabeuil
    Le 22 octobre 2010 à 21 h 19 min

    Je trouve très prématuré que ce dossier soit si vite diabolisé. Si tu vas à AUTUN en Saône et Loire tu verras au nord de la ville deux sortes de terrils qui sont des cones de résidus d’exploitation très anciens de schistes bitumineux..Pendant des siècles on y a extrait de l’huile pour s’éclairer ou se chauffer. Change de posture! Exige une évaluation, certes, mais l’argument de la pollution de la nappe phréatique si effrayant soit-il a priori ne me dissuade pas d’explorer cette ressource.Faut mettre en parallèle des fermes photovoltaiques rejetées parce qu’elles bouffent du terrain agricole, des éoliennes qui s’enflamment si le frein lâche et cette source? Je préférerais qu’une société d’économie mixte Total-Rhône-Alpes voit le jour pour suivre la préfiguration de ce dossier.

  2. Par Groupe socialiste Rhône-Alpes
    Le 27 octobre 2010 à 17 h 51 min

    « @Felix,

    Merci de votre lecture attentive, mais je ne partage pas votre optimisme qui se fonde sur une comparaison abusive. L’exploitation des schistes bitumeux d’Autun reposait sur une méthode minière « classique » d’extraction de la pierre (à une profondeur inférieure à 300m), broyage puis distillation et raffinage pour obtenir de « l’huile ». Rien à voir avec l’exploitation du gaz de schiste qui repose sur l’envoi de 20 000 m3 d’un mélange d’eau et de métaux lourds à plus de 2000 / 2500 m de profondeur pour casser la roche et récupérer le gaz par un puits… L’évaluation, certes, mais une fois que la pollution au métaux lourds d’une nappe phréatique est avérée, il est bien trop tard pour se dire qu’on aurait du faire autrement ! Et ne parlons pas de la consommation d’eau dans des régions dèjà soumises à une forte pression… Enfin, ces risques sont inutiles puisque notre objectif ne peut pas être le maintien de notre consommation de gaz à effet de serre mais sa diminution. Et je suis d’accord avec vous, les grands parcs photvoltaiques ne sont pas la solution. C’est d’ailleurs pourquoi nous travaillons, au sein des PNR, sur un projet de centrale villageoise photovoltaïque par exemple. Plus largement, la solution passe, comme vous avez pu le voir dans le lien avec le site de « négawatt », d’abord par la sobriété et l’efficacité énergétique, et, en complément, par les énergies renouvelables dans une approche localisée… Quant aux éoliennes qui s’enflamment, cela me semble plus ponctuel et plus gérable qu’une pollution aux métaux lourds ou la défaillance d’une centrale nucléaire… »

    Michèle Eybalin

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